La conception autrement…

Les temps changent…en bien, ou pas, selon nos valeurs ou pas…nous ne pouvons rien contre le progrès… Des enfants naissent, de manière naturelle ou pas, des couples conçoivent des bébés naturellement ou pas…La conception par insémination artificielle, ou autres, sont des solutions alternatives.

J’ai eu deux belles filles, de manière la plus traditionnelle et classique possible, peu de mois me séparait de la pratique à la conception, et pourtant ce n’est pas le cas pour tout le monde. Pourtant pour ma dernière j’ai stressé, 6 mois d’attente longue….je n’imagine pas l ‘attente que ces femmes éprouvent.

La démarche qu’elles font, est admirable, preuve de force et de courage. Des cliniques spécialisées accompagnent ces couples dans cette alternatives de conception.

N’étant pas très bien placée par le sujet, j’ai questionné des mamans, pour vous en parler…voici  leurs témoignages très touchants !

Leurs histoires :

Donc tout commence en 2003. Je rencontre l’homme. L’homme veut des enfants très vite. Mais j’ai 19 ans, je me sens trop jeune. 2005 on emménage ensemble et le désir d enfants se fait ressentir. Nous nous lançons dans l’aventure. 2 ans passe et rien. Je ne m inquiète pas, je sais que ça peut être long pour certaines. Début 2008, toujours rien. Le moral commence à flancher. Les amies et la famille commencent toutes a avoir des bébés, non désirés pour certaines. Un sentiment d’injustice pointe son nez. Début 2008 je me décide à consulter. J’ai alors presque 24 ans. On me détecte une hypothyroïdie. Traitement pendant 6 mois. Puis de nouveau une prise de sang où l’on me détecte une hyperprolactinemie. A nouveau, traitement et à nouveau, une attente pendant 6 mois. La colère viens ensuite. J’entends sans arrêt des « vous êtes jeunes, c’est dans votre tête ». Je n’en peux plus. Partout des bébés. Je jalouse ces femmes pour qui c’est si facile. Des pensées affreuses me viennent à l’esprit. Je suis triste. Mon homme devenu mon mari, est triste également mais ne comprends pas.
Personne ne me comprend. Ce désir devient viscéral. Il me faut ce bébé. Je le vis de plus en plus mal. Je tombe dans la dépression. J’ai tout pour être heureuse mais c’est cette chose sur laquelle je n’ai aucune emprise dont j’ai besoin pour vivre.
Après 5 gynécologues différents qui ne font rien, je prends rdv dans un centre pma. Je commence de suite les examens. 5 ans d’attente pour être enfin prise au sérieux et qu’enfin on s’intéresse à mon mari car quand on fait un bébé il faut être 2! Pas de soucis particulier. Les problèmes hormonaux pour moi ne sont pas considérés comme une gêne puisque je suis soignée. Les mois passent encore une fois, on entame les stimulation simple. D’abord juste des cachets. Rien. Puis on passe aux piqûres. Toujours rien. Je désespère. Mon mari essaye toujours de me remonter le moral. Je me sens nulle de ne pas réussir à lui donner ce qu’il désire. Les naissances autour de nous continuent. Je ne supportent plus les femmes enceintes et leur plaintes. Je ne peux plus voir de petit bébé.
2010, les gynécologues me trouvent un kyste endometriosique. Ils décident de m’opérer. A mon réveil, j’apprends qu’on m’a retirer ce kyste mais que j’avais aussi un fibrome et que l’on a pratiqué un drilling ovarien car mes ovaires sont d’aspect dystrophique. En gros, pour quelqu’un qui n’a pas de problème, je trouve que c’est fort de café. On me dit que le drilling va améliorer les effets des traitements. 1 an s’écoule et toujours rien. Je ne me supporte plus. Je suis aigrie. Je ne comprends pas pourquoi je dois subir tout ça. Les gynécologues passent à la vitesse supérieure. Insémination artificielle. Mais je n’y crois plus. Piqûre, échographie toutes les 48h. Pression sur mon homme qui doit réussir a tout prix à faire dans ce petit pot stérile. Douleur physique. Douleur morale. Première tentative raté. Et miracle je tombe enceinte le mois suivant sans traitement, sans rien! Je suis heureuse…. pas très longtemps. Écho de datation a 8sa. Pas d embryon. La grossesse s’est arrêtée et j’ai fait une rétention de celle ci. Je dois attendre l’expulsion. Rien ne se passe. Je dois prendre des cachets pour évacuer. C’est le jour de mon anniversaire. Je souffre, je suis en train de me vider. Vider de mon sang et de ma force. Mon anniversaire sera a jamais le jour ou tout a pris fin.
Je me rends compte que je n’en suis pas a ma première fausse couche. En réfléchissant c’est la 3eme fois que je perds autant de sang…mais aucune preuve pour les 2 premières. Je veux recommencer. Je peux tomber enceinte. Je dois attendre. Je dois absolument être enceinte avant la date à laquelle j aurais du accoucher. Je le sais, je ne surmonterais pas cette épreuve si je ne suis pas enceinte. 2eme iac. Négative. Tout s’écroule à nouveau. 3eme iac. J’y vais à reculons. Je suis négative. Je déprime. Mon mari est là mais ne peut pas me remonter le moral. Je suis l’origine de nos problèmes de conception. Et là miracle. Insémination le 23 décembre et 15 jours plus tard je suis enceinte. Je vis ma grossesse de manière très stressée et angoissée. Mon fils est né en septembre 2012. Il nous aura fallu plus de 7 ans pour enfin tenir notre bébé dans les bras. Je n oublie pas toutes ces années de galère, de larmes. Contrairement à ce que l’on me disait. Je n oublie pas non plus toutes les réflexions que l’on m’a faites et qui m’ont blessé.
2 ans après, j’ai ma revanche, je suis enceinte. Naturellement et en 7 mois seulement.
Mais je n oubli toujours pas.
Je n’ai pas mal vécu la pma. Ce que j’ai mal vécu ce sont les réflexions des gens. Du style que si je ne tombais pas enceinte il y avait une raison c’est que je n’étais pas faite pour être mère. Que je ne devais pas contrer la nature. Que ne pas avoir d enfants, c’est pas la fin du monde. Aujourd’hui encore tout cela me fait mal. Mais si j’aurais du repasser par tout cela pour avoir un autre enfant, je n’hésiterais pas une seconde.

Quand à mon fils, oui je lui dirai quand il sera en âge de comprendre. Qu’on l’aimait déjà tellement fort qu’on était prêt à tout pour l avoir

Merci pour ce premier témoignage très émouvant, emprunt de compassions, de tendresses et en même temps si peu d’empathie….

Ce 2 ème témoignage, lui a aussi valu beaucoup de larmes….

C’est un parcours du combattant et les équipes médicales ne sont pas toujours à la hauteur de nos attentes et ne sont pas fines en psychologie. … Le gynécologue spécialiste en fertilité m’avait comparé à un match de foot on ne peut pas marquer de but chez vous m’a t il dit…Oui mr avait eu beaucoup de mal même si le souci venait de moi… et ce sont des contraintes au niveau du travail devoir s’absenter, se justifier, s’expliquer…. j ai eu la chance de travailler en famille à ce moment là !!! J’ai commencé au bout d un an d’essai à rencontrer un spécialiste et après les examens se sont enchaînés et au bout de 4 ans mon fils aîné est né que du bonheur !!!! Le manque d’humanité, le pire, quand vous attendez dans un couloir et que tout le monde se regarde l’air de dire, ah ben oui toi aussi tu n’y arrives pas…. que le personnel médical vous considère comme un numéro…. je pense que c’est plus dur que les traitements qui m’ont rendu malade. Piqûres tous les jours à heure fixe (je finissais par me piquer moi même en emmenant ma pochette thermique) et une autre piqûre la veille du déclenchement qui me rendait malade comme pas possible. Ma famille m’a beaucoup soutenu moralement et était tous très optimiste heureusement. Je souligne quand même que, oh miracle le gynécologue m’avait quand même dit de but en blanc après la naissance de mon fils : vous êtes stérile pas besoin de reprendre la pilule et 10 mois après j étais enceinte de mon 2 ème fils. J ai fait 3 inséminations avant de tomber enceinte au bout de 4 ans d’essai bébé et 2 ans de différents traitements. Maintenant l’eau a coulé sous les ponts…. mon fils a 7 ans il est en parfaite santé et un jour je lui expliquerais je pense…. mon conjoint a 2 enfants, ils sont donc 4, c’est drôle de me dire que je suis à la tête de ma petite tribu alors que 8 ans en arrière je pleurais tous les jours en me disant que je n aurais pas d enfants….
Les épreuves passées je dirais que la patience est d’or même si j avais horreur que l’on me dise d’être patiente. La vie à fait que l’on n’est pas aussi fusionnels que la 1er année avec mon grand mais son frère est arrivé rapidement, je me suis séparée du papa mon petit avait 4 mois donc les éléments de la vie font qu il est devenu autonome très vite. Chaque histoire à sa ou ses particularités …. ma maman dit souvent que la vie est trop courte pour se poser trop de question elle a sûrement raison!!!

J’en ai les larmes aux yeux, que d’épreuves pour ses femmes….je m’incline devant leur courage et leur force ! Et leur souhaite beaucoup de bonheur !!

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« Illustration de Mademoiselle Maman »

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2 comments

  1. Céline ArthurAdam says:

    8 ans… 8 ans pour avoir mon premier, 8 ans, un pancréas zigouillé à cause d’une coelio pour bilan d’infertilité, une cicatrice horrible 8 ans, une fc en nov 2006, des traitements de folie.. 8 ans, pour tenir mon amour dans mes bras, pour devenir maman, pour apprendre à aimer… 8 mois après sa naissance un joli + après 1 mois seulement de traitement… alors je dis juste une chose, que cela soit 8 jours, 8 mois 8 ans, il faut garder la foi…

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